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# Posté le dimanche 05 août 2007 04:27

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# Posté le dimanche 05 août 2007 04:29

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# Posté le dimanche 05 août 2007 04:30

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Un jour, un garçon d'une douzaine d'années avait mené le troupeau de moutons de son père sur les pentes du Petit-Freni, non loin du village de Crymych. Quand il fut arrivé à la pâture, il y avait encore un peu de brouillard autour du sommet de la montagne, et le garçon essayait de voir d'où était venu ce brouillard. Les gens du pays disait en effet que, lorsque le brouillard venait du côté de Pembroke, il ferait beau, mais s'il venait de Cardigan, il ferait mauvais.

Comme il regardait autour de lui ce paysage tranquille et silencieux, la surprise le fit tout à coup sursauter : il apercevait en effet, sur les pentes du Grand-Freni, un groupe de gens qu'il croyait bien être des soldats, en train de s'affairer en cercle, comme pour un exercice. Mais le garçon commençait à connaître les habitudes des soldats, et il se dit lui-même qu'il était trop tôt dans la journée pour ceux-ci fussent déjà là. Laissant le troupeau pâturer tranquillement sous la garde des chiens, il marcha dans cette direction et, quand il fut plus près, il constata que ce n'étaient pas des soldats qu'il voyait ainsi, mais des gens appartenant au peuple féerique. Et ils étaient occupés à danser en rond, sans se soucier de ce qui se passait autour d'eux.

Le garçon avait entendu bien des fois les vieux du village parler des fés et, lui-même, il avait vu souvent les cercles qu'avaient laissées les "petites gens" sur l'herbe, le matin, après avoir dansé toute la nuit. Mais il n'en avait jamais encore rencontré. Sa première idée fut de retourner en hâte à la maison pour raconter à ses parents ce qu'il avait vu, mais il renonça à ce projet, se disant que les fées risquaient de ne plus être là lorsqu'il reviendrait.

Il se décida à approcher prudemment pour mieux les observer. De toute façon, il savait bien que les "petites gens" ne l'attaqueraient pas : tout ce qu'il craignait, c'est qu'elles disparaissent lorsqu'elles se seraient aperçues de la présence d'un être humain. Il s'avança donc le long des haies pour mieux se dissimuler et parvint ainsi sans encombre le plus près possible du cercle. Là, il se tint immobile et ouvrit les yeux tout grands pour ne rien perdre de la scène.

Il put ainsi constater que, parmi les "petites gens", il y avait un nombre égal d'hommes et de femmes, mais tous étaient extrêmement élégants et enjoués. Tous n'étaient pas en train de danser et quelques-uns se tenaient tranquillement à proximité immédiate du cercle, attendant d'entrer dans la ronde. Certaines femmes montaient de petits chevaux blancs fringants. Mais ils portaient tous de beaux vêtements de différentes couleurs, et c'est parce que certains d'entre eux avaient des habits rouges que le garçon avait pensé à des soldats.

Il était là, en pleine contemplation de ce spectacle inhabituel, quand les "petites gens" l'aperçurent. Au lieu de paraître hostiles ou de s'enfuir, elles lui firent signe d'entrer dans le cercle et de se joindre à leurs danses. Il n'hésita pas, mais, dès qu'il fut entré dans le cercle, il entendit la plus douce et la plus irrésistible musique qu'il connût. Immédiatement, sans comprendre ce qui se passait, il se retrouva au milieu d'une élégant demeure, aux murs recouverts de tapisseries de toutes couleurs. Des jeunes filles ravissantes l'accueillirent et le conduisirent dans une grande salle où des nourritures appétissantes étaient disposées sur une table. Elles l'invitèrent à manger, et le garçon, qui ne connaissait guère que les habituelles pommes de terre au lait de beurre qui constituaient le repas de la ferme, se régala avec des plats d'une exquise finesse, tous à base de poissons. Et on lui donna à boire le meilleur vin qui fût, dans des coupes d'or serties de pierres précieuses.

Le garçon se croyait au paradis. La musique et le vin l'engourdissaient, et la vue de ces jeunes filles empressées autour de lui le ravissait. L'une d'elles lui dit alors d'un ton aimable :
- Tu peux rester ici autant que tu veux. Tu te réjouiras avec nous jour et nuit et tu auras à manger et à boire autant que tu le désires. Mais il y a une chose que tu ne devras jamais faire : c'est de boire l'eau du puits qui se trouve au milieu du jardin, même si tu as très soif, car alors, tu ne pourrais plus demeurer ici.

Le garçon se hâta d'assurer qu'il prendrait grand soin à ne pas enfreindre cette interdiction. Et quand il fut bien rassasié, les jeunes filles l'emmenèrent danser. Il ne se sentait pas fatigué le moins du monde et se sentait capable de s'amuser ainsi durant sa vie entière. Jamais il n'avait été à une telle fête, jamais il n'avait éprouvé une telle joie, un tel bonheur de se trouver au milieu d'un luxe inconnu, avec des gens élégants et ditingués qui le traitaient ainsi avec douceur et courtoisie. Il lui arrivait de penser à la ferme, à son troupeau, à ses parents, mais il chassait vite ces images de son esprit pour mieux s'absorber dans la danse et la musique.

Un jour, cependant, comme il prenait l'air dans le jardin, au milieu des fleurs les plus belles et les plus parfumées, il s'approcha du puits et se pencha pour voir ce qu'il y avait à l'intérieur : il aperçut une multitude de poissons brillants qui frétillaient et qui renvoyaient vers lui la lumière du soleil. Alors, il ne put résister : il tendit son bras et sa main toucha la surface de l'eau.

Aussitôt, les poissons disparurent et un cri confus se répendit à travers le jardin et la demeure. La terre se mit à trembler brusquement et le garçon se retrouva au milieu de son troupeau, sur la pente du Petit-Freni. Il y avait toujours la brume au sommet de la montagne, mais le garçon eut beau chercher partout, il ne put découvrir aucune trace du cercle, aucune trace du puits ni de la demeure des fées. Il était seul sur la montagne, et ses moutons paissaient paisiblement comme si rien ne s'était passé.

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# Posté le dimanche 05 août 2007 04:30

Modifié le lundi 06 août 2007 09:14

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L'habit de plumes de la fée
Un conte de Corée

Autrefois vivait dans la montagne un bûcheron très pauvre. Un jour qu'il coupait du bois, il vit venir un cerf qui courait très vite et qui le supplia :

- Vite, ayez pitié de moi, cachez-moi, un chasseur me poursuit !

Le bûcheron cacha le cerf parmi les branches des arbres qu'il avait abattus.

Le chasseur arriva, tout essoufflé :

- Eh, dis donc toi, tu n' as pas vu passer un cerf qui courait.

- Si, répondit le bûcheron, je l'ai vu partir par là-bas ! Et il indiqua une colline dans le lointain.

- Merci, dit le chasseur qui partit en courant.

Une fois le chasseur hors de vue, le cerf sortit des branches qui le cachaient et remercia le bûcheron :

- Comment puis je vous remercier ?

- Il n' y a pas de quoi, c' était bien normal de t' aider !

- Tu m'as sauvé la vie, je vais te dire un secret. Tu connais le lac, sur l' autre versant de la montagne. Le soir, les fées viennent s'y baigner. Si vous y allez, cachez-vous, prenez l' habit d' une fée. Sans son habit de plumes, elle ne pourra plus remonter vers le ciel. Elle vous épousera. Mais surtout ne lui rendez pas son habit avant d'avoir eu trois enfants d'elle. Sinon, ça finira mal.

- Oui, j'ai compris et je te remercie.

Le soir venu, le bûcheron alla au bord du lac et se cacha derrière les arbres. Minuit arriva. La lune monta dans le ciel et, dans le clair de lune, le bûcheron entendit de la musique et vit les fées descendre dans leurs habits de plumes blanches.

Les fées se déshabillèrent et se baignèrent dans l' eau fraîche et pure. Le bûcheron en profita pour prendre l'habit de la plus belle. Elles sortirent de l'eau, se rhabillèrent et s'envolèrent. Toutes sauf une qui se mit à pleurer.

- Pourquoi pleurez-vous, lui demanda le bûcheron en s' approchant d' elle.

- Je ne trouve plus mon habit de plumes, dit la fée, je ne peux plus remonter au ciel.

- Allons chez moi, je vais vous aider.

La fée suivit le bûcheron et l'épousa. Le temps passa. Ils eurent deux beaux enfants. La fée, qui aimait son mari, dit un jour :

- Je ne savais pas qu' on pouvait être si heureux sur terre !

- Eh bien , heureusement que j' ai caché ton habit, répondit son mari révélant son secret.

- Quoi, c'est toi qui l'a volé ?

- Oui, c'est moi.

- Tu peux me le montrer ?

Le bûcheron alla tirer l' habit hors de la cachette où il l' avait mis. En remettant son habit de plumes blanches comme la neige, la fée s'est rappelé le ciel et elle a eu soudain envie d' y retourner alors que depuis longtemps elle n'y pensait plus jamais. Elle a pris dans ses bras ses deux enfants et elle s' est envolée. Bouche bée, le bûcheron l'a regardé disparaître avec ses enfants.

Puis, il part chercher le cerf dont il avait autrefois sauvé la vie. Il lui raconte tout ce qui s' était passé.

Le cerf lui dit :

- Je vous avais pourtant bien recommandé de ne rien dire à la fée avant d'avoir votre troisième enfant. Il ne fallait pas lui rendre son habit de plumes !

Puis, voyant la tristesse du bûcheron, il ajoute :

- Bon, il y a peut-être une solution. Maintenant les fées n' osent plus venir, se baigner dans le lac. Elles ont peur. Alors, pour avoir l' eau fraîche et pure du lac, elles puisent l'eau avec un seau. Elles attachent le seau avec une longue corde et elles le font descendre pour le remplir et elles le remontent quand il est plein d'eau. Donc, ce soir, allez vous cacher près du lac et débrouillez-vous pour grimper dans le seau. Ainsi vous monterez au ciel vous-aussi.

Le bûcheron fit ce que le cerf lui avait conseillé. Le soir venu, il alla au bord du lac et il se cacha. Quand il vit le seau descendre dans l' eau du lac, il se mit dedans et monta au ciel avec le seau.
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# Posté le dimanche 05 août 2007 04:31

Modifié le lundi 06 août 2007 09:16